Importer son vocabulaire depuis Anki, un tableur ou une liste de cours
Si tu apprends le japonais depuis un moment, tu as déjà une liste quelque part. Un deck Anki, un tableur partagé par un camarade, un fichier texte accumulé pendant deux semestres. La ressaisir mot à mot n'a aucun intérêt : ce qui suit décrit comment la faire entrer dans KVT, et surtout comment éviter les trois pièges qui font échouer un import sur deux.
Le format attendu
L'import se fait par collage de texte, une ligne par mot, colonnes séparées par des points-virgules, dans cet ordre :
Semestre;Semaine;Kanji;Mot;Lecture;Sens
Concrètement :
S2;3;学;学校;がっこう;l'école
S2;3;学;学生;がくせい;l'étudiant
S2;3;先;先生;せんせい;l'enseignant
Les deux premières colonnes servent au découpage : elles disent à quel semestre et à quelle semaine le mot appartient. La troisième indique le kanji porteur — c'est elle qui permet le regroupement, et c'est la colonne qu'on oublie le plus souvent. Les trois dernières sont le mot lui-même, sa lecture en kana, et sa traduction.
Plusieurs lignes peuvent partager le même kanji : c'est même le cas normal. Trois mots contenant 学 donnent trois lignes avec 学 en troisième colonne, et l'application les regroupe.
Sortir ses données d'Anki
Dans Anki, ouvre Fichier → Exporter, choisis le deck concerné, et prends le format « Notes en texte brut ». Décoche l'inclusion des balises HTML si l'option t'est proposée : elles produisent du texte parasite dans les champs.
Anki sépare ses colonnes par des tabulations, pas par des points-virgules. Un passage par un tableur règle le problème : ouvre le fichier exporté, vérifie que les colonnes tombent au bon endroit, réordonne-les si besoin, puis enregistre en CSV avec le point-virgule comme séparateur. Si ton tableur est en anglais, l'option s'appelle souvent « semicolon ».
Anki n'a pas de colonne « semestre » ni « semaine » : c'est à toi de les ajouter. Deux colonnes en tête, remplies vers le bas, prennent deux minutes. Si ton deck Anki n'a pas de découpage naturel, mets tout en semaine 1 et redécoupe ensuite depuis la section Création, qui permet de répartir un ensemble de kanji sur le nombre de semaines que tu veux.
Les trois pièges
Le point-virgule dans le sens. C'est le plus fréquent. Une traduction comme « l'école ; l'établissement » contient le séparateur, et la ligne se coupe en deux au mauvais endroit. Remplace ces points-virgules par des virgules ou des barres obliques avant d'importer. La prévisualisation les rend visibles immédiatement : une ligne qui affiche une colonne de trop vient presque toujours de là.
La colonne kanji laissée vide. Sans elle, chaque mot devient son propre groupe, et tu retombes exactement sur la liste plate que tu essayais de quitter. Si un mot est écrit uniquement en kana — comme たくさん — il n'a pas de kanji porteur : dans ce cas, choisis un kanji thématique de la même semaine plutôt que de laisser vide, ou regroupe ces mots dans un groupe dédié.
Les lectures en rōmaji. Le quiz attend des kana. Une lettre latine dans la colonne lecture rendra la question impossible à valider, quelle que soit ta réponse. Convertis avant d'importer : la plupart des tableurs ne le font pas, mais un convertisseur en ligne traite une colonne entière d'un coup.
La procédure
Va dans la section Vocabulaire. Un exemple du format attendu est affiché directement sur la page, avec de vraies lignes plutôt qu'une description abstraite — c'est plus rapide à comparer avec ton propre fichier.
Colle ton texte dans la zone prévue, puis clique Analyser. Rien n'est encore enregistré à ce stade : l'analyse te montre ce qui a été compris, combien de kanji et de mots seront créés, et signale les lignes illisibles. Lis ce récapitulatif avant d'aller plus loin. Un import à l'aveugle qui crée trois cents entrées mal découpées se défait beaucoup plus lentement qu'il ne se fait.
Si le compte est bon, clique Importer. Le contenu rejoint tes semestres et devient révisable immédiatement.
Le second import, celui des fiches
Un deuxième format, facultatif, ajoute les détails de chaque kanji plutôt que les mots :
Semestre;Semaine;Kanji;Onyomi;Kunyomi;Radical;Phrase;Traduction
Il alimente les fiches d'aide : lectures on et kun, radical, phrase d'exemple. Ces informations ne sont jamais demandées pendant le quiz — elles servent à comprendre avant de se tester. Rien n'oblige à les fournir, et un deck sans fiches fonctionne parfaitement.
L'ordre compte : importe d'abord les mots, ensuite les fiches. L'inverse crée des fiches rattachées à des kanji qui n'existent pas encore.
Après l'import
Fais une première session de quiz tout de suite, sur une seule semaine. C'est le moyen le plus rapide de repérer une colonne décalée : si les sens ne correspondent pas aux mots, l'erreur saute aux yeux en trois questions, alors qu'elle passerait inaperçue dans une liste.
Ton import reste chez toi tant que tu ne fais rien de plus. Si tu veux le partager, la publication est une étape distincte, à déclencher explicitement depuis la liste des decks — avec une réserve à connaître : ne publie pas une liste recopiée d'un manuel. La sélection des mots d'un chapitre et leur ordre appartiennent à son éditeur, même reformulés. Ta propre liste, constituée au fil de tes cours, ne pose aucun problème.
Et si tu n'as rien à importer
Il arrive qu'on veuille un deck sans avoir de fichier à recycler : rattraper les caractères d'un contrôle raté, préparer une liste courte avant un oral, rassembler ce qu'on confond depuis trois semaines. Ressaisir des mots qui sont déjà dans l'application n'aurait aucun sens.
La section Création sert exactement à ça. Elle donne accès à la banque de kanji déjà présente — celle des semestres et des modules JLPT — et permet d'en choisir un sous-ensemble de trois façons : en parcourant une catégorie, en cherchant un caractère ou un sens, ou en laissant l'application proposer ceux que tes résultats désignent comme mal retenus.
Ce troisième mode mérite un mot. Sélectionner à la main « les kanji que je ne retiens pas » suppose qu'on s'en souvienne, or c'est précisément ce qu'on ne fait pas : on se rappelle des échecs marquants, pas des tièdes. L'application, elle, a les scores. Elle remonte les semaines passées sous un certain seuil, de la plus ratée à la moins ratée, et tu n'as plus qu'à décocher ce que tu as entre-temps assimilé.
Les mots sont copiés, pas partagés : réviser le deck créé ne modifie pas le semestre d'origine, et le supprimer ne le vide pas. Tu choisis la répartition — d'un seul bloc, ou par paquets de cinq à trente kanji par semaine — et le résultat se comporte comme n'importe quel autre semestre.
L'import se trouve dans la section Vocabulaire.
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